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CELI, REER et épargne : les leçons financières de mon père

Aujourd’hui c’est la fête de mon papa qui vient d’avoir 78 ans.  Je trouve qu’une belle façon de lui rendre hommage ça serait de vous faire part des bons coups et des moins bons coups financiers de mon papa.

Évidemment on parle d’une autre époque, d’une classe sociale basse, d’une région éloignée au Québec, plein de facteurs qui nous aideront à comprendre d’où il vient et le bagage qu’il a avec lui pour comprendre les outils à sa disposition.

J’espère que ça te fera réaliser la chance que nous avons aujourd’hui avec toutes les ressources à notre disposition: l’internet, les livres de finances, la télévision, et bien évidemment le blog ProtocoleDividendes.com

Une enfance difficile

Mon père est né dans un petit village dans le comté de Bellechasse au Québec. Je ne sais même pas si le village avait 1000 personnes quand il était jeune.

Ils étaient une famille nombreuse de dix frères et sœurs avec tout ce que ça impliquait à l’époque: ressources et temps limité, souvent le plus vieux devaient s’occuper des jeunes, etc.  

Ses parents avaient une ferme avec des animaux et cultivaient la terre en plus d’avoir une terre à bois.  Mon grand-père vendait ses œufs aux gens du village, et plus tard dans sa vie alors qu’il n’avait plus de poules, il continuait à faire la revente d’œufs à ses précieux clients.

Mon père a donc dû commencer très jeune à travailler pour gagner de l’argent et pour aider sa famille.  C’est en travaillant à la sueur de son front aux foins et en faisant d’autres travaux d’arrache-pied qu’il a réussi à s’acheter sa première bicyclette, son équipement de hockey, etc.

Il a grandi dans la mentalité que pour acheter quelque chose, il faut mettre des sous de côté pendant plusieurs semaines/mois afin de se le procurer.  

C’est quelque chose qui l’a suivi toute sa vie: Ne rien acheter au crédit sauf si nécessaire.

Adolescence vers la grande ville

Dès l’âge de 16 ans, mon père a décidé d’accompagner son frère aîné et un autre frère plus âgé vers une nouvelle aventure à Montréal.  

C’était un très grand saut à l’époque puisque je me souviens même quand moi-même j’étais petit tous les préjugés que les gens de la campagne avaient envers les gens de la ville.  La rivalité de hockey Canadiens vs Nordiques n’aidait certainement pas, mais là je m’éloigne du sujet.

Grâce à ses économies, il a pu se payer un cours technique en électricité (c’était avant l’apparition des Cégeps, donc probablement une sorte de DEP).

Trois jeunes adultes sous un seul toit

Pendant ce temps, ils découvraient tous les trois la “grande ville” en apprenant à vivre ensemble et à gérer leurs dépenses.  Un peu comme lorsqu’il était petit, mon père économisait pour se payer ses petits luxes de ce temps-là: une guitare électrique, une belle Buick, etc.

Je me souviens aussi que les hauts-parleurs Tannoy qu’il a achetés valait très cher pour son salaire de l’époque et que le magasin lui avait accordé une mise de côté que mon père allait payer religieusement pour finalement mettre la main sur ses précieux speakers.

Après avoir terminé son cours technique, il a fait plusieurs jobs comme apprenti avant de travailler pour CP Railway et la ville de Montréal.  C’est ce dernier travail qui lui a permis de travailler à la ronde ainsi qu’à l’Expo 67.

Les trois frères avaient chacun un rythme de vie différent, mais chacun gardait les yeux sur leurs objectifs personnels.  Mon père, lui, économisait beaucoup et faisait très attention à ses dépenses – il mangeait régulièrement des pâtes et des mets très économiques et peu nourrissants. 

Les pauvres, ils manquaient clairement d’une présence féminine dans leur vie.

Rencontre de ma mère

Les années ont passé puis dans le cadre de son travail au CP Railway (dont je suis actionnaire aujourd’hui soit dit en passant), mon père à dû suivre un cours de premiers soins au Cégep du Vieux Montréal.

C’est là que mes parents se rencontrent.  Ma mère, elle, étudiait au Cégep une technique en soins infirmiers.  Le destin voulait qu’ils se rencontrent dans ce cours.

Ils décidèrent de se marier, et après quelques années de vie commune, de se lancer dans le projet de s’acheter une maison et de fonder une famille (whoohoo!) 

Achat d’une maison familiale (un bon coup!)

C’est en grande partie grâce aux économies de mon père qu’ils peuvent mettre la mise de fonds sur la maison familiale qu’ils occupent encore aujourd’hui.

En 1978, ils devaient faire face à des taux d’intérêt de 10% pour une maison de 78000$.  Puis seulement quelques années plus tard, les taux montaient à 18%!  

achat d'une première maison
En 1978, achat de la maison familiale

Pour faire face à cette situation, ils se sont concentrés à travailler comme des forcenés, d’accepter toutes les heures supplémentaires qu’on leur proposait et de continuer de vivre en dessous de leurs moyens.

Ils ont payé la maison en moins de dix ans grâce à cette discipline!  Probablement le meilleur coup financier de leur vie.

Cette maison de Montréal a aujourd’hui une valeur estimée à environ 550 000$.  Son prix a été multiplié par 7 et a protégé mes parents de l’inflation et de la dépréciation de l’argent canadien.

Épargne épargne épargne…  

Je prône énormément l’épargne massive sur ce site et j’ai expliqué longuement dans cet article comment je suis passé de gérer mes entrées d’argent comme Jim Rohn à épargner massivement (souvent plus de 50% de mes revenus).

Mon père a toujours épargné et a toujours été très frugal dans la majorité de ses dépenses: en cherchant les spéciaux, en achetant en gros les produits ménagers ou qui se conservent longtemps, etc.

Par contre, il gardait ses épargnes en argent dans un compte courant avec la mentalité cash is king et la bourse c’est risqué.

Premier investissement: le REER

Il a compris vers la fin de sa carrière l’importance du REER pour baisser ses impôts et il a été judicieux de placer quelques milliers de dollars chaque année puisqu’il savait qu’il devrait payer beaucoup d’impôts.

Seul problème, il n’avait pas de plan de décaissement.

Lorsqu’il a eu 71 ans, il a dû transférer son REER dans un FERR pour finalement devoir payer encore plus d’impôts dans les années à venir. 

Mon père est un “boomer” qui vient de cette génération avec des super fonds de pension, spécialement dans des compagnies comme le CP Railway qui existent depuis presque 150 ans (1881).

La bonne nouvelle pour lui c’est que même s’il n’a pas beaucoup investi, son fonds de pension est à vie et continuerait même de payer ma mère s’il advenait qu’il décède avant elle.

Je ne connais aucune compagnie qui offre encore de tels bénéfices aujourd’hui.

Mieux vaut tard que jamais: le CELI

Comme plusieurs foyers québécois, l’argent est un sujet tabou chez nous.  On peut facilement comprendre pourquoi en sachant d’où vient mon père et dans quel environnement il a grandi.

Mais un soir je lui ai expliqué comment fonctionnait le CELI, que tous les gains étaient à l’abri de l’impôt et qu’il n’avait pas besoin de prendre de risque (sa grande crainte) avec la possibilité de l’investir dans un fonds monétaire.

explication celi boomer

Après avoir longuement réfléchi, il est parti à la banque avec ma mère et chacun a décidé de remplir complètement son CELI respectif dans un fonds monétaire offrant entre 3 et 4% annuel garanti.

Puis l’année d’après je leur ai conseillé de rajouter la nouvelle cotisation disponible ainsi que les bénéfices obtenus à la fin de l’année.  

Conclusion

Nous sommes loin, très loin, des gains obtenus par le S&P 500 ou le Nasdaq, mais chacun sa tolérance au risque et chacun son rythme.  

C’est la morale de l’histoire finalement.

On vient tous de milieux différents avec un certain bagage et certaines habitudes qui nous suivent tout au long de notre vie.  C’est à nous de chercher l’aide nécessaire et d’être ouvert d’esprit à ce qui peut améliorer notre qualité de vie.

Comme le chantait Sinatra, chacun fait les choses à sa manière et je suis là pour vous aider à transformer votre futur financier, à votre rythme.

Comme mon père qui venait d’un milieu très humble, vous pouvez devenir rentier en bourse, acquérir de l’immobilier et changer votre vie qui semblait destinée à manger de petits pains.

Toi aussi tu pars d’un bagage familial particulier avec l’argent? Télécharge mon portefeuille gratuit et commence ton propre chemin, peu importe d’où tu pars.

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