La reconstruction après une faillite est un processus long, avec des hauts et des bas, comme une montagne russe. C’est un cheminement autant financier que psychologique.
Il faut penser à remonter sa côte de crédit en même temps que son estime de soi.
Comme je l’expliquais à la fin du premier article sur mon parcours, la faillite, j’ai commencé à épargner la moitié du paiement minimum que je devais sur mes cartes de crédit.
Avant de faire faillite, les paiements minimums étaient de plus de 1000$ par mois, je décidai donc d’épargner environ 500$ par mois pendant que je devais payer les paiements au syndic.
Puis ma première priorité serait d’améliorer mon score de crédit…
Remonter ma côte de crédit
Je savais que pour remonter le score de crédit je devais continuer à payer des comptes, mais comment faire si tous mes comptes avaient été annulés?
Il me restait bien mon compte d’internet et de cellulaire que j’avais toujours payé sans retard et qui demeurait actif, mais plus aucune carte de crédit.
J’ai trouvé une carte de crédit de Capital One qui était approuvée automatiquement moyennant un dépôt de sécurité.
Par contre à presque 30% de taux d’intérêt, je me devais d’être rigoureux à l’avenir et je me suis alors mis une règle que je suis religieusement depuis ce jour là: payer ma carte à 100% tous les mois. Pas d’exception!
Au début j’étais tellement craintif, traumatisé depuis la faillite, que je dépensais une seule transaction par mois (souvent une sortie au cinéma).
Il fallait que je rebâtisse mon estime de soi
Reconstruire mon estime de soi
Je continuais d’épargner les 500$ que je mentionnais en début d’article, mais il me manquait quelque chose, un système, je ne sais pas.
J’ai alors fait la découverte de Jim Rohn, une figure qui m’était presque familière tant il ressemblait à mon grand-père maternel.
Décédé depuis plusieurs années déjà, Jim Rohn avait une manière d’expliquer des concepts financiers compliqués en termes simples et il m’interpelait énormément dans ce moment de reconstruction financière.
J’ai téléchargé des dizaines de ebooks et de livres audio de mon nouveau mentor et j’ai visionné toutes les vidéos que je trouvais de lui sur YouTube.
Je me suis mis à épargner comme lui, en vivant avec 70% de mes revenus et en plaçant les 30% restants dans des enveloppes – ma version “moderne” du bas de laine de grand-mère.

- Enveloppe 1 – 10% – Épargne: Dans cette enveloppe je plaçais de l’argent que j’épargnais tout simplement. Je me bâtissais doucement mais sûrement un fond de roulement.
- Enveloppe 2 – 10% – Investissement: C’est ici que je déposais de l’argent qui sera investi.
- Enveloppe 3 – 10% – Donation: Finalement dans la troisième enveloppe je plaçais de l’argent qui sera donné, pour des cadeaux, des donations, etc.
Le fait de voir les enveloppes grossir semaine après semaine m’a fait énormément de bien psychologiquement.
Moi qui était habitué à payer des centaines de dollars d’intérêts mensuellement, voilà que je comptais plusieurs milliers de dollars cash dans mes enveloppes. Je sentais que j’étais en train de vivre un nouveau commencement chaque fois que je constatais tous ces billets.
Je commençais à bâtir la fondation de ma petite richesse…
Fait amusant, à l’époque j’avais un blogue de développement personnel et j’ai été inspiré par cette situation pour écrire un article qui proposait plusieurs cachettes secrètes où placer son argent dans une maison. Un article qui avait très bien été reçu.
Il fallait dorénavant trouver quoi faire avec cette deuxième enveloppe.
Investissement 101 ou la Grande Déception
Après Jim Rohn, j’ai continué à m’éduquer sur les investissements, la bourse, les FNBs, de sorte que quand je me suis retrouvé devant mon conseiller financier à la banque je lui ai dit directement dans quoi je voulais investir mon argent.
Il m’a coupé la parole et m’a dit que d’abord et avant tout, je devais répondre à d’importantes questions par rapport à ma tolérance au risque et à mes connaissances en matière financière.
Je commençais à comprendre ce qui se passait.
À la question, quelle est votre tolérance au risque, j’ai mis la note la plus reckless et le conseiller m’a dit qu’il mettrait une note plus basse si il était moi…
“Mais justement tu n’es pas moi”, me disais-je.

Ce qui devait se passer arriva, il a placé mes économies dans un REER et dans un CELI trop équilibré à mon goût et pour lesquels je devais payer des frais d’administration exorbitants.
Moi qui rêvait d’investir dans des FNB (fonds négociés en bourse) comme Tony Robbins, je repartis bredouille à la maison.
Le plus ironique dans tout ça c’est que j’avais plus de connaissance dans le domaine que j’en avais jamais eu auparavant.
Mais plus que les connaissances, j’avais surtout beaucoup d’intérêt pour tout ce qui touchait les finances personnelles, c’était en quelque sorte une nouvelle passion.
Tellement que quelques mois plus tard je débuterai des études en planification financière.
Le futur planificateur financier
Mon expérience avec le conseiller financier de la banque était tellement loin de tout ce que je lisais dans les bouquins de Benjamin Graham et de Warren Buffett que je devais aller chercher plus loin.
Je me suis inscrit dans un programme universitaire de planification financière.
Dès les premiers cours d’administration financière, j’étais sous le charme. J’ai appris comment fonctionne les paiements hypothécaires, comment analyser un titre boursier selon les différents ratios financiers, etc.
Plein de trucs dont je doute que mon conseiller financier à la banque se souvienne encore.
Mais plus j’avançais dans le programme, plus je comprenais que le rôle du planificateur financier institutionnel n’est pas ce que je croyais.
Dans les faits il pose des questions pour dresser le profil de l’investisseur et selon les réponses il montre les portefeuilles génériques construits par l’institution et pour lesquels l’investisseur paiera des frais exorbitants.
J’ai laissé tomber les études après un an complété.
Heureux de toutes les connaissances apprises, mais désillusionné par rapport à mes attentes, moi qui voulait être un super planificateur financier qui allait aider mes clients à planifier une retraite en or.
Le déclic
Un jour pendant que je répondais justement à un collègue des questions d’ordre financier, ce dernier m’a demandé pourquoi je n’investissais pas moi-même mon argent.
Il avait raison, c’était la prochaine étape logique dans mon cheminement.
Il était temps de mettre en pratique toutes ces connaissances acquises au fil des dernières années et rendre fier mon mentor Jim Rohn.
J’ai donc transféré tous mes comptes enregistrés vers une plateforme de courtage en ligne que j’allais gérer moi-même. J’ai été surpris à quel point c’était simple de gérer tout ça moi-même.
J’ai révisé mes notes de cours, replongé dans mes livres et commencé à analyser des titres et des FNBs pour construire mon premier portefeuille autogéré.
Excité par tout le nouveau processus, le ratio 70% – 30% de Jim Rohn ne fonctionnait plus pour moi – j’ai décidé de faire l’effort d’augmenter la cadence d’épargne et de viser proche du 50%.
J’ai mis énormément de rigueur dans l’application de mes connaissances et dans mes analyses et j’ai commencé à documenter mon aventure dans un blog qui n’existe plus aujourd’hui.
J’ai tissé des liens avec des gens du mouvement F.I.R.E au Québec et j’ai même fait quelques rencontres pour discuter finance.
Puis au cœur d’une de ces rencontres, j’ai découvert que plusieurs calculaient leurs accomplissements en termes de dividendes.

La reconstruction était vraiment bien partie, mais ce nouveau chapitre allait complètement changer ma vie financière, ça et un truc qui s’appelle le Bitcoin…
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