faillite echec financier

J’ai fait faillite – et ça a été le premier pas vers mon indépendance financière

En 2012 j’avais 31 ans et je revenais d’un magnifique voyage en Amérique du Sud – un voyage parmi tant d’autres choses que je n’avais pas les moyens de faire.  

Je crois que les faillites personnelles sont généralement causées par un événement majeur ou un ensemble de mauvaises décisions financières.

Dans mon cas, la faillite n’a pas été causée par de mauvaises fréquentations, des addictions ou parce que je ne savais pas planifier mes dépenses, au contraire tout était calculé… Mais toujours à la limite. 

Et puis… Bang!  Un changement drastique dans ma forme de rémunération professionnelle va tout balancer en l’air.

Dans cette nouvelle série d’articles, Mon Parcours, je vais te faire voyager dans le temps dans les différents événements qui ont changé ma vie financière. Commençons avec l’heure la plus sombre: ma faillite personnelle.

Me payer en dernier

Je sais que c’est cliché sur les sites de finances personnelles, mais ma plus grande erreur a été de ne pas me payer en premier.  En fait, je ne me payais pas du tout!

Quand je voulais quelque chose, je me l’achetais.  Si je voulais voyager, je partais en voyage.  Si je n’avais pas les moyens, mes cartes de crédit, eux, avaient les moyens!

Si je te dis que j’ai déjà sorti un REER (oui au complet) pour me payer un voyage, tu me croirais?  Quelques années avant ma faillite je l’ai fait!

Et comme ça, les dettes s’accumulaient lentement mais sûrement.  

Je travaillais dans un domaine où j’avais des bonus et des commissions et parfois je pouvais payer au complet ma carte de crédit (pour mieux me réendetter ensuite).  Si j’avais été capable de la payer au complet, je serais capable une autre fois.

Puis le cycle recommençait, sans plan, sans direction.  

La rupture amoureuse

Quatre ans avant la faillite, j’ai commencé à vivre avec ma copine de l’époque et donc à partager toutes les dépenses relatives à la coexistence.

Je me suis aussi habitué à partager la grande majorité des dépenses avec elle: le loyer, les services, la nourriture, etc.  

Savoir que quelqu’un est là ça peut nous porter à baisser la garde au niveau des dépenses et des dettes puisqu’on sait que quelqu’un d’autre est là en cas de besoin.  Moi je n’avais pas de garde, j’étais all in ou plutôt all out!

Qui dit couple dit repas au restaurant, sorties, cinéma, bonnes bouteilles, voyages, cadeaux, etc.  Disons que mon ex n’était pas frugaliste.  Bref on s’entraînait dans le siphon des dépenses.

Après des années à vivre sans penser au lendemain, nous avons mis un terme à notre relation d’un commun accord, mais elle était plus d’accord que moi.

Seul pour la première fois depuis 4 ans, j’ai ouvert les yeux sur mes finances… et ce que j’ai vu m’a donné le vertige.

Le piège des intérêts composés

citation sur les intérêts composés la 8e merveille du monde

Quand les intérêts composés travaillent pour toi c’est extraordinaire, mais quand c’est contre toi, ça l’est tout autant comme le dit la citation ci-haut.

Dans les mois qui ont suivi la rupture, j’ai constaté que les nombreuses cartes de crédit et de financement jouaient contre moi.  Plusieurs dizaines de milliers de dollars avec des intérêts allant jusqu’à 28% annuellement, ça fait mal, très mal.

À chaque mois je payais en intérêts seulement des centaines de dollars.  Les paiements minimums dus étaient aussi très élevés et ça montait au même rythme que mon endettement.

Le comble c’était qu’en payant uniquement le minimum dû, on continuait à m’offrir d’augmenter la limite de crédit, et plus je m’endettais, et le cycle infernal était déjà bien avancé…

Mon employeur m’a annoncé fin 2011 qu’ils allaient effectuer des rénovations majeures et qu’ils m’offraient une compensation pour toutes les semaines de rénovations ou sinon une relocalisation pour ne pas perdre de revenus. 

Décision facile dans ma situation n’est-ce pas? 

On part en voyage!

Je me dis que l’Amérique latine c’est beaucoup moins cher que le Québec et que la compensation servira à financer une bonne partie de mon voyage…

Je suis encore capable de payer les minimums dûs sur mes cartes de crédit et il me reste encore de l’espace pour m’endetter.  C’est un départ pour 7 semaines!

Le retour à la réalité (la dure réalité)

En revenant de voyage je constate que j’ai dépensé beaucoup plus que j’avais voulu.  J’aurais pu voyager en backpacking, mais comme Visa et MasterCard payait tout je vivais dans le gros luxe: les beaux hôtels, les bons restos et la fiesta par-dessus le marché.

Puis en approchant la fin de l’année fiscale de ma compagnie, on nous fait une annonce majeure au niveau de notre rémunération: nos commissions seront maintenant quelque chose du passé.

Mon salaire de base augmente lui, mais ce qui est le plus intéressant pour un bon vendeur s’envole désormais en l’air en compagnie d’une grosse partie de ma motivation.

Pire, je comprenais qu’avec cette baisse de salaire majeure, ma situation financière était devenue précaire.  Puis quand j’ai constaté mes derniers relevés de cartes de crédit, mon salaire après la coupe des commissions, je n’avais pas besoin qu’on me fasse un dessin, je m’en allais directement dans le mur…

C’est la première fois que je contemplais que la faillite pourrait être la seule solution.

J’ai essayé de me battre durant quelques mois, mais j’ai compris que je devrais faire face à la musique un moment donné…

La rencontre que je redoutais le plus: le syndic de faillite

Ce n’est pas le moment le plus glorieux d’une vie, fais-moi confiance…

On rentre dans le bureau, et une brève discussion plus tard, on remplit des papiers pour que notre situation soit analysée, examinée.  

J’ai bien vu que le conseiller a compris assez rapidement l’impasse quand il a vu ma baisse de salaire et l’ampleur de toutes mes dettes. Il ne m’a même pas proposer de faire une proposition aux créanciers, la solution c’était une faillite personnelle.

J’ai même senti un peu d’empathie de sa part quand il a compris depuis combien de temps je faisais face à cette situation et que, même si j’étais responsable de mes dettes, le coup de grâce je n’en étais pas responsable.

Donc il m’a expliqué comment ça allait se passer, mes dettes, toutes mes factures, tout serait mis à zéro.  Mes cartes de crédit devaient être détruites et mon dossier de crédit allait faire le grand plongeon.

C’est une situation bizarre car elle mélange la honte et un sens d’irresponsabilité, mais aussi un poids immense qui allait bientôt s’en aller.

J’appréhendais beaucoup ce moment, mais au final c’est le début d’une deuxième chance (sans vouloir faire de jeu de mots) et il faut désormais voir tout le positif que ça m’apportera.

La deuxième chance

Je sortais du bureau du syndic de faillite, la tête entre les jambes.

Si j’avais pu me voir à ce moment-là — assis ici, à écrire ces lignes sur mon laptop, retraité à 45 ans, vivant de mes dividendes et de mes revenus passifs — je ne l’aurais probablement pas cru.

14 ans. C’est tout ce qu’il a fallu.

Il fallait commencer quelque part. Mais où?

nouveau départ financier après la faillite

Ma première pensée c’était que si j’épargne la moitié de ce que je devais en paiement minimum sur mes cartes de crédit ce serait un très bon point de départ.  Et c’est ce que j’ai commencé à faire.

Quand on fait faillite il faut payer un montant chaque mois pendant un certain nombre de mois, c’est ce qu’on appelle les paiements au syndic.  C’est un montant qui est ensuite redistribué aux créanciers.

Je voulais aussi respirer après autant de mois sous l’eau, inondé par les dettes et coincé par des paiements minimums beaucoup trop élevés.

Le plan était bon.  Je pouvais recommencer à avoir une vie normale et penser au futur moi.

Et le futur moi devait se prendre en main — ça allait commencer par l’éducation. »


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